Conférence à Moscou : Ukrainité en tant que construction artificielle

A Moscou, le 11-12 octobre 2017, le mouvement « Essence du temps » et la fondation internationale « Centre créatif expérimental » (ЭТЦ, Экспериментальный творческий центр) ont organisé une conférence scientifico-pratique « Ukrainité en tant que construction artificielle : qui et à quelle fin l’a échafaudée ».

Les organisateurs ont présenté une monographie collective éponyme, écrite par les membres d’Essence du temps travaillant dans la commune « Aleksandrovskïa sloboda », fondée par le mouvement.

Dans son discours inaugural, Sergueï Kurginyan, leader d’Essence du temps, a déclaré que l’objet d’étude n’était pas l’Ukraine, mais une construction artificielle d’« ukrainité », avec ses caractéristiques, ses transformations historiques, sa mise en œuvre, ses perspectives. « Cette recherche diffère radicalement de ce qu’aurait pu être une recherche historique ou sociologique normale sur l’Ukraine normale. »

Le but des travaux présentés à la conférence est de mettre en évidence le caractère artificiel du projet d’ukrainité et d’analyser les mécanismes de son fonctionnement. Aux origines de ce concept, inculqué à la population depuis des siècles, se trouvent des puissances étrangères comme l’Autriche-Hongrie et l’Allemagne, qui l’ont monté et soutenu en tant qu’outil de fragilisation de la Russie. Le but en était de créer un fondement pour séparer l’Ukraine de la Russie. Il ne faut donc pas confondre le projet d’ukrainité avec le peuple d’Ukraine.

La force motrice de l’ukrainité a été – et est toujours – une haine frénétique. Celle-ci aujourd’hui s’est emparée du pouvoir et est en train de contaminer les mentalités de la population. Il s’agit d’une force très cruelle, très concentrée et puissante, et qui est dirigée contre la Russie. Selon Sergueï Kurginyan, si les nationalistes ukrainiens s’intègrent dans les processus mondiaux, une guerre contre la Russie sera inévitable.

En Ukraine, il existe même des organisations formant des enfants dans un esprit violemment anti-russe et nationaliste. Un exemple en est l’organisation « Plast », qui dans le temps a formé Bandera et Choukhevytch et qui reste toujours active. En 2014, ses membres étaient parmi les activistes d’Euromaïdan. Ensuite, nombre d’eux se sont engagés dans les bataillons « Azov », « Dnepr » et autres, menant des combats contre la population et les milices du Donbass. Pour ces unités armées, il est typique d’utiliser des symboles nazis et de copier de manière générale des modèles fascistes dans leurs agissements et leur fonctionnement. Aujourd’hui en Ukraine sont promues des forces qui essaientessayent de transformer toute la jeune génération en héritiers du tortionnaire Petlura et du sadique Choukhevytch, qui avaient commis des atrocités en Ukraine et en Pologne. Les acteurs du projet d’ukrainité aspirent à couper définitivement les ukrainiens de leurs aïeux « rouges » et « moskalisés » (moskal – adjectif à connotation négative utilisé par les nationalistes ukrainiens pour désigner les Russes).

Le travail de la conférence a été hautement apprécié par un nombre de personnalités publiques. Ainsi, le politologue A. Nagorny a déclaré à un correspondant de l’Agence « Rossa Primavera », que l’ouvrage présenté réunissait les faits indispensables pour comprendre ce qui se passe en Ukraine, et qu’il contenait les éléments théoriques pouvant en faire un des fondements de la politique extérieure de la Russie.

Selon le directeur adjoint de l’institut de la CEI, Igor Shishkin, la monographie sur l’« ukrainité » est un ouvrage profond qu’il est indispensable de porter à la connaissance du grand public.

Elina Zhgutova, membre de l’Assemblée civique et présidente du centre des Droits de l’Homme « Ivan-Tchaï », a déclaré qu’« à nouveau, les fonctions de l’Etat ont été assumées par une organisation citoyenne ». D’après elle, « c’est l’État qui devrait informer la population sur les tendances de la vie politique, avec cette attitude profondément sérieuse ». Zhgutova a souligné également que si les hommes ont leur humanité, alors celle-ci pourra servir de base pour leur union. La fascisation, en revanche, est l’élimination de l’humanité. Et ce sont ses rouages qu’analyse la conférence d’Essence du temps.

 

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