ACTION ANTIFASCISTE Paris, place Joachim du Bellay 29 novembre 2014

Discours prononcé lors de manifestation:

Je voudrais commencer par une citation de Georgi Dimitrov, d’après qui le fascisme est une « dictature terroriste ouverte de la frange la plus réactionnaire de la bourgeoisie impérialiste-monopoliste. »
L’Europe n’a pas remarqué la nature nazie du coup d’Etat en Ukraine. Elle lui a fourni, au contraire, tout son soutien. Et ceci est loin d’être un hasard. L’attitude des dirigeants des « pays développés » signifie que les élites occidentales ont un but dissimulé. A première vue, on dirait que ce but est simplement de lâcher des bandes entraînées de fascistes sur la Russie. Mais il y a plus. En réalité, c’est une préparation pour l’instauration de régimes fascistes dans les pays d’Occident même – de régimes qui permettront aux transnationales de poursuivre leur existence sinistre à l’époque d’une profonde crise systémique. Ce n’est pas la première fois dans l’Histoire qu’ils tentent de mettre en œuvre un pareil instrument.
Durant toute la période de 70 ans depuis la grande victoire sur l’Allemagne nazie, la notion de fascisme a été délibérément faussée et vidée de son vrai contenu. Les philosophes et les politologues occidentaux ont introduit le concept de totalitarisme qui brouillait entièrement le problème. Ils ont crée un faux cadre conceptuel qui permettait de mettre sur un même plan le communisme et le fascisme, ce qui, à son tour, atteignait deux objectifs à la fois : diffamer le communisme et disculper le fascisme.
Cette ambiguïté a déjà pris racine dans la culture occidentale. Et c’est certainement pour cette raison que, malgré l’évidence de l’expansion du fascisme en Ukraine, les forces qui devraient se lever ensemble pour le combattre ‒ les forces de gauche ‒ ne sont toujours pas assez unies et efficaces.
A cela s’ajoute la dissimulation éhontée de la vérité par les autorités occidentales officielles. Malgré le fait que nous avons vu des images quasiment en direct de chambres de torture sur Maïdan, de gens brûlés vifs à Odessa, de bombardements de quartiers civiles au Sud-Est de l’Ukraine, on entend toujours dire : « Il n’y a pas de fascisme. Où l’ont-ils vu ? »
Pourtant, actuellement, il est déjà question non seulement de marches aux flambeaux, de slogans fascistes et de glorification des auteurs du massacre de Babi Yar ; il est question de dizaines de milliers de victimes, dont un grand nombre de civiles ne participant pas aux combats. Près d’un million ont dû quitter leurs terres.
Dans quoi consiste donc cette idéologie à laquelle le monde capitaliste recourt si systématiquement ?
En-dessous de la croûte des idées nationalistes, anti-sémites, anti-russes ou autres anti-, se trouve l’idée de l’inégalité fondamentale des Hommes, de la division des Hommes et de l’Humanité en maîtres et esclaves. Cette division peut s’appuyer sur un élitisme racial, national, social ou autre. C’est pourquoi il n’y a au fond pas de contradiction entre le néolibéralisme et le fascisme. Tous les deux partagent la même conception de l’Homme.
D’après eux, l’Homme est faible et impuissant, totalement incapable à surmonter sa nature animale. Donc, la majorité des hommes ne sont qu’un troupeau de moutons et doivent rester ainsi, sans espoir d’accéder au sens de leur existence et à l’intégrité de leur être.
Cependant, Marx parlait de la puissance des forces créatrice de l’Homme et rêvait de l’émancipation de Homme, de sa réunification d’avec son essence profonde. C’est ce qu’il appelait le royaume de la liberté. Le communisme, pour nous, n’est autre chose que l’éveil et la libération des forces créatrices suprêmes dans chaque être humain, l’éveil dans chaque être humain d’un Mozart (au sens symbolique), qui est constamment tué par le capitalisme.
La séparation définitive entre l’Homme et son essence existentielle profonde – voilà le but du fascisme. Il en résulte une société infernale, habitée par des sous-hommes, capables de parler et de raisonner mais incapables d’avoir une moindre représentation du sens et de la destination de leur vie.
Le sens de l’existence humaine, voilà la question qui marque une différence fondamentale entre les idées du fascisme et du communisme. Le fascisme aspire à la déshumanisation extrême et définitive de l’homme. Il nie le progrès, il nie le développement humain. Tandis que le communisme vise précisément le développement et le progrès humains en mettant en avant des valeurs humanistes.
Au début du XXe siècle, le communisme a donné à l’Humanité un but immense. Il lui a donné une vision intègre du monde ; il a misé sur la vérité et l’authenticité profondes inhérents à notre être.
L’effondrement du projet soviétique s’est également soldé par l’effondrement de ce socle de la foi en l’Homme, en sa destination élevée, en son avenir meilleur, en ses grands idéaux. Et une fois ceci accompli, le fascisme n’a pas tardé de re-émerger. Berthold Brecht nous a prévenu : « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde. » Et voilà que la bête est devant nous.
Ce n’est pas par hasard que les libéraux et les nazis, tous les deux, haïssent férocement l’Union Soviétique. Ce qu’ils haïssent c’est précisément sa nature humaniste et antifasciste.
La ligne de front de la lutte antifasciste se trouve aujourd’hui en Ukraine. Les « déshumanisateurs » perpètrent un génocide de Russes et d’Ukrainiens chez qui les codes culturels soviétiques ne sont pas encore effacés. Ils veulent en découdre définitivement avec cette mémoire.
Les personnes qui se sont levées pour combattre cette horreur ne se divisent pas selon leurs nationalités. Les miliciens de l’autodéfense du Donbass disent que parmi eux sont des représentants de tout le peuple soviétique. Il y a également des volontaires venus de France, d’Allemagne, d’Espagne, du Royaume Uni, de Serbie. Ainsi, on voit se former au Donbass des brigades internationales du XXIe siècle. Mais du côté de l’ennemi, il y a également une participation internationale, ce qui prouve que la cause dépasse de loin des enjeux idéologiques locaux.
Actuellement, comme dans les année 1930 ce qui est à l’ordre du jour c’est la question de l’avenir de l’Humanité. Et il appartiendra à nous de la résoudre. C’est pourquoi nous clamons : le fascisme ne passera pas ! No pasarán !

Héléna Bernard, Célestin Komov
Essence du Temps

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