Interview avec A.Khodakovski, commandant de la brigade « Vostok »

Alexandre Khodokovski, commandant de la brigade « Vostok » dément les informations diffusées par Reuters et relayées par la plupart des médias, selon lesquelles les milices du Sud-Est de l’Ukraine posséderaient des systèmes anti-aériens BUK, qui auraient servi à abattre le Boeing malaisien.

Depuis le 23 juillet 2014 la plupart des médias français relayent une information totalement fausse, selon laquelle les milices du Sud-Est de l’Ukraine posséderaient des systèmes anti-aériens « BUK » qui auraient servi à abattre le Boeing malaisien. Cette information a été diffusée suite à une interview d’un journaliste de l’agence Reuters avec Alexandre Khodokovski, commandant de la brigade « Vostok ». Khodokovski a démenti cette information peu après sa diffusion, mais elle continue à circuler et les médias ne font aucun effort pour rendre public ce démenti. Dans l’entretien ci-dessous Khodokovski fait un commentaire sur son interview faussée sciemment pas les médias.
Qui cherche à mettre de l’huile sur le feu en déformant les propos des autres et en induisant dans l’erreur la population ? Qui cherche à fomenter un conflit avec la Russie ? Les citoyens français, ont-ils besoin d’une guerre ?

Télévision « Essence du Temps – Donetsk », N°44, le 24.07.2014

Khodokovski : C’est encore une information sensationnelle tirée par les cheveux. Ils ont essayé de la vendre comme si elle venait directement de la bouche du commandant de l’une des unités de la milice.

En fait, la situation concernant le crash a commencé à s’éclaircir dans l’espace médiatique.
Les conclusions préalables de la commission ont été rendues. Il est devenu assez évident que ni la Russie, ni les milices de Donbass n’étaient pas impliquées dans ce drame. C’est pourquoi, certains ont apparemment eu besoin de brouiller le jeu. Il se peut que les intérêts personnels du journaliste, qui m’a interviewé en essayant d’obtenir cette information, y soient pour quelque chose, puisque notre conversation a été longue. On a parlé de divers aspects de la situation au Sud-Est de l’Ukraine. Mais il revenait tout le temps à la tragédie du Boeing. Il citait des faits, en insistant sur la question de ce qui pouvait être à l’origine du crash. Sur toutes ces questions, qu’il posait sous différents angles, pour savoir si les milices avaient ou pas le BUK, il obtenait une même réponse : que nous ne disposons pas d’informations précises à ce sujet.

Heureusement, nous avons pris des précautions, en enregistrant tout l’entretien sur une vidéo. Grâce à cette vidéo, on a une preuve que de cette conversation on ne pouvait obtenir aucune information concrète au sujet des prétendus BUKs des milices. Nous pouvons fournir cet enregistrement et démentir toutes les insinuations qui ont résulté de cette interview.

En fait, tout est assez simple. Des motivations et des intérêts privés du journaliste, dans cette situation ont pris le dessus. Et, malgré le fait qu’il lui a été clairement dit que nous n’avions aucune information sur la présence des BUKs chez les milices  car nos relations avec d’autres unités de milices se passent « en pointillés », de sorte que nous ne pouvons savoir de quel matériel ils disposent que lorsqu’on mène des actions côte à côte , malgré tout cela, dans l’information qui a été donnée aux journalistes, il a était affirmé que nous savions non seulement qu’il y avait un BUK, mais qu’en plus, il aurait été ensuite transféré sur le territoire russe pour, soi disant, couvrir les traces.

En réalité, dans de notre discussion nous avons mis l’accent surtout sur la responsabilité de l’Ukraine. On a discuté de différentes versions. J’ai dit également que nous n’avions pas de version à nous, parce qu’on n’a pas encore de rapport de la commission, parce qu’on n’était pas présent sur place, parce qu’on n’a observé aucun lancement de missiles. Moi, je n’ai vu aucun BUK. Je n’ai pas pu le filmer avec mon portable (je plaisante). Nous avons dit qu’il existait des versions déjà présentées par les médias et nous avons considéré exclusivement ses versions-là. Il a été dit qu’indépendamment de la question si les milices avaient ou n’avaient pas de BUKs, la responsabilité devait être assumée par l’Ukraine. Car les informations qu’ils ont diffusées le lendemain, soi-disant en tant que preuves de notre responsabilité, montrent bien que l’Ukraine partait d’un apriori que les milices possédaient un BUK. l’Ukraine prétendait savoir que ce BUK était présent dans le bataillon Vostok, alors que c’est impossible par principe. Heureusement, qu’on a une vidéo de notre colonne au moment de son départ vers Marinovka, avec des tanks, où, en théorie, devrait se trouver le fameux BUK. Mais là, il n’y en a pas!

En fait, on ne peut parler que de versions et d’hypothèses. Mais, l’Ukraine, qui publiquement déclarait savoir que les milices du Sud-Est disposaient de BUKs, n’a rien entrepris pour dévier les avions civils hors zone de conflit (il y en avait au moins trois ce jour). Et par conséquent, elle porte une responsabilité directe de cette catastrophe. Car si l’Ukraine savait qu’il pouvait y avoir des conséquences, elle n’a manifestement rien fait pour les éviter.

Ils attendaient un certain résultat et ce résultat s’est effectivement produit. Cela veut dire que l’Ukraine est responsable aussi bien moralement que juridiquement de cette tragédie.

Quant à la question de la présence effective d’un BUK… S’ils ont des preuves, qu’ils les présentent. En ce moment, la zone des actions militaires est soigneusement surveillée, notamment par nos adversaires, avec tous les moyens disponibles. De plus, ils ont un gros soutien technologique des Etats-Unis: appareils de contrôle acoustique, satellites photographiant nos positions. Avec ses moyens, la présence d’un BUK, qui est un matériel assez lourd, pouvait être facilement détectée; surtout s’il était manipulé en plein jour.
Cela aurait dû être fixé, enregistré et montré à la communauté internationale. Si cela n’a pas été fait, c’est qu’ils n’ont pas de preuves, de photos. Alors, de quoi parle-t-on?

Journaliste : Avez-vous dit que l’avion malasien aurait pu être abattu avec un BUK par les milices de Donbass?

Khodakovski : Non, c’est exclu. Nous avons simplement considéré les versions présentées actuellement par les médias. J’ai d’ailleurs fait remarquer qu’en tant que commandant d’une unité de combat, je ne me serais en aucun cas permis d’utiliser un BUK, qui est un matériel précieux, contre une cible qui ne présentait aucun danger et volait à une si haute altitude. La possession de ces missiles donne un avantage important lors des attaques aériennes. Son utilisation n’a de sens que lorsque la cible comporte un réel danger pour nos positions. Par conséquent, je ne peux même pas concevoir qu’un commandant, disposant d’une arme aussi puissante, l’utilise contre une cible inoffensive.

 

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